Salon du Livre du 7e arrondissement de Paris

Je serai présent au Salon du Livre du 7e Arrondissement de Paris le 28 janvier 2017. Organisé par l’association Lire c’est Libre, vous pouvez en suivre toute l’actualité sur la page Facebook du même nom. N’hésitez pas à passer, c’est entre 14h et 18h !

invitation-salon-livre-m07

Publicités

« 3 monologues (parisiens) suivi de Je ne savais pas qu’Aurélien appartenait à une secte millénariste méthodiste » en librairie

Un nouveau livre est arrivé et il s’agit… de Théâtre ! plus précisément de monologues (oui, je n’aime pas refaire le même livre…). Si vous avez aimé « Avec Maman » et « Merci pour ce diabète ! » eh bien « 3 monologues (parisiens) suivi de Je ne savais pas qu’Aurélien appartenait à une secte millénariste méthodiste » n’a… strictement rien à voir…
Il s’agit dans ce livre de travailler la langue de personnages en marge de la société, de figures qui n’ont pas su trouver leur place dans le monde mais ont développé leur propre mode de réflexion, leurs codes. La solitude urbaine est au cœur des « 3 monologues (parisiens) » tandis que la folie occupe la place centrale de « Je ne savais pas qu’Aurélien appartenait à une secte millénariste méthodiste ».
Je vous invite si vous le souhaitez, à découvrir ce livre, en espérant qu’il vous plaira… Vous pouvez le commander sur l’excellent site de la Librairie Théâtrale ou en librairie.

16195103_10154985033644044_5402080848551069297_n

« 3 monologues (parisiens) suivi de Je ne savais pas qu’Aurélien appartenait à une secte millénariste méthodiste », Librairie Théâtrale, janvier 2017

Ras-le-bol des livres de régime pour diabétiques et des méthodes antidiabète !!!

11152346_10153268105589044_2070061478076607188_n

Il est un marronnier éditorial qu’il convient de dénoncer tant ses conséquences sur le grand public et son lectorat sont dramatiques, j’ai nommé : le livre de régime pour diabétiques et par extension la méthode révolutionnaire antidiabète.

Véritable poule aux œufs d’or des plus mal renseignés / intentionnés, le livre de régime pour diabétiques est une pépite de désinformation qui chaque année se vend à des milliers d’exemplaires au grand dam des diabétiques éclairés et des diabétologues qui se battent contre les préjugés qu’il véhicule.

Il en existe de toutes les sortes :

  • 35 douceurs toutes douces pour les doux diabidoubétichoux-diabétiques
  • Je suis diabétique, mais je me fais plaisir, nananère, tralala et prout
  • Énième guide de régime inefficace et culpabilisant pour diabétiques
  • Sans diabète, sans sucre, sans glucides, sans viande, sans lactose, sans gluten, sans caséine, mais avec mes antidépresseurs (adieu) !
  • Tu es diabétique de type 2 ? Eh bien mange correctement maintenant, grosse feignasse gidouillarde !
  • Comment j’ai vaincu mon diabète très facilement en déjouant les préceptes imposés par les médecins et les lobbies pharmaceutiques (lobbies = ordures = illuminati = Satan = chatons morts) !
  • Comment j’ai guéri mon diabète en faisant ce truc tout simple que tu découvriras à l’intérieur de mon livre à 39,95 euros seulement (promo exceptionnelle !).

Tous ces livres surfent sur l’idée que le diabète peut se guérir, ce qui est – exception faite de cas très spécifiques – malheureusement faux en l’état actuel des connaissances.

2 TYPES DE DIABÈTE QUI NE SONT PAS LOGÉS À LA MÊME ENSEIGNE

Pour bien comprendre les problématiques et autres amalgames soulevés par ce genre d’ouvrages, il convient de rappeler qu’il existe 2 principaux types de diabète.

_ Le diabète de type 1 (ou diabète juvénile), qui représente 6 % des cas de diabète, est une maladie auto-immune. Pour faire simple, le système immunitaire se réveille un jour et décide d’attaquer le pancréas en détruisant de manière irrémédiable les cellules sécrétrices de l’insuline. Ce processus est irréversible et la science n’a pas encore trouvé le remède efficace pour le contrer (même si des pistes semblent prometteuses du côté de certaines greffes…).

_ Le diabète de type 2 (ou diabète de la maturité), qui représente 92 % des cas de diabète, est une maladie qui s’installe sur le long terme et qui se traduit par deux phénomènes plus ou moins concomitants : une insulinorésistance des organes et une baisse de la production d’insuline par le pancréas. C’est une maladie sensiblement héréditaire influencée par des facteurs environnementaux tels le manque d’activité physique et une mauvaise alimentation (trop grasse, trop sucrée…).

Si le premier nécessite la mise en place immédiate de ce que l’on appelle une insulinothérapie (qui se traduit par de multiples injections d’insuline tout au long de la journée), la forme évolutive du second type requiert une stratégie plus complexe que l’on appelle l’escalade thérapeutique et qui s’adapte au malade au fil du temps.

L’ESCALADE THÉRAPEUTIQUE DU DIABÈTE DE TYPE 2 : À CHACUN SON RYTHME

Lorsqu’il est pris à temps, une activité physique, la pratique régulière d’un sport ainsi qu’une alimentation adaptée suffisent parfois à réguler le diabète de type 2 sur un laps de temps plus ou moins long. Si ces ajustements ne parviennent plus à faire baisser la glycémie du malade, il faut alors saisir le taureau par les cornes. Pour cela, les diabétiques de type 2 disposent d’une batterie d’antidiabétiques oraux et injectables qui se présentent sous la forme de cachets, gélules, injections… à combiner entre eux. Enfin, lorsque l’association de plusieurs de ces antidiabétiques oraux et injectables ne suffit plus pour combattre l’apparition d’hyperglycémies répétées, on passe à l’injection combinée d’insuline. Attention, la prise d’antidiabétiques ou bien d’insuline ne dispense pas de continuer à pratiquer des activités physiques, sportives et de correctement s’alimenter : bien au contraire ! Un effort plus intense et régulier peut parfois même permettre de revenir en arrière, comme par exemple d’éviter les injections d’insuline. Certains diabétiques peuvent ainsi descendre une marche et ralentir sensiblement l’escalade thérapeutique.

C’est justement dans cette brèche d’un diabète stabilisé que s’engouffrent sans vergogne ni recul les livres de régime pour diabétiques et leurs auteurs…

capture-2

Dessin de Vivi Lablonde, extrait de « Merci pour ce diabète » ! (c) Hugo Doc

LE DIABÉTIQUE, UNE CIBLE MARKETING COMME UNE AUTRE

Si l’on comprend immédiatement qu’un régime n’est d’aucun secours pour le diabétique de type 1 qui, quoi qu’il fasse ou qu’il mange, ne peut se passer d’injections d’insuline, les auteurs ont bien compris qu’ils avaient une carte à jouer avec le second type s’ils voulaient vendre des livres de régime ciblés (quitte à laisser le doute planer dans le titre de leurs ouvrages qui ne précisent jamais à quel type de diabétiques ils s’adressent spécifiquement… tant qu’on y est, autant ratisser le plus largement possible).

Pour ce faire, ils vont effectuer un raccourci entre maladie et glycémie, cette dernière étant la valeur physique permettant de contrôler la santé d’un diabétique (elle correspond au taux de glucose dans le sang). S’il peut arriver comme nous l’avons vu précédemment qu’un diabétique de type 2 traité de façon adéquate (par le respect d’une hygiène physico-sportive et alimentaire adaptée par exemple) puisse s’abstenir de tout médicament ou bien encore d’injections d’insuline du fait de l’obtention d’un taux normal de glycémie, cela ne veut absolument pas dire pour autant qu’il n’est plus diabétique. Il sera toujours diabétique, mais normoglycémique : sa maladie sera toujours là malgré l’observation de glycémies dans la cible telle que préconisée par les médecins. Point. On parle alors de rémission (« mon diabète est stabilisé »), en aucun cas de guérison (« je ne suis plus diabétique et ne le serai jamais plus, je suis libre, LIBRE ! »). Il existe de nombreux moments dans la vie d’un diabétique au cours desquels ses glycémies sont parfaites sans qu’il ne soit pour autant guéri. Il a de quoi s’en féliciter, mais ce n’est pas une raison pour baisser la garde pour autant.

En profitant ainsi d’un amalgame sémantique, les auteurs de livres de régime antidiabète dépossèdent les malades de leur maladie en leur promettant que la guérison sera libératrice et pérenne s’ils en font l’effort… Quelles conséquences pour les diabétiques et le grand public ?

LES CONSÉQUENCES DES LIVRES DE RÉGIME ANTIDIABÈTE

En surfant sans vergognes sur la culpabilité que peuvent ressentir les malades vis-à-vis de leur pathologie et de leur crainte de l’escalade thérapeutique, les auteurs déconstruisent le processus normal d’acceptation d’une maladie chronique en rendant cette dernière anecdotique et donc extérieure au diabétique de type 2. « Oh mais tout à l’air simple puisqu’il me suffit de suivre ce régime pour être totalement guéri ! » De fait, ils renforcent la crainte de l’état diabétique au détriment de son adhésion au quotidien.

Il ne faut pourtant pas avoir peur de l’escalade thérapeutique, ni la considérer comme un échec personnel : elle est au contraire le signe de l’évolution normale (mais non inéluctable) d’un diabète de type 2 et donc de son traitement. Si on peut dans certains cas interagir avec elle et descendre d’une marche (voire de plusieurs) au prix d’efforts personnels sur le long terme, cela ne s’applique pas de la même façon à tous les diabétiques de type 2 ! Penser qu’il existe une méthode curative miracle qui vaudrait pour tous est une terrible erreur et un faux-espoir dramatique donné aux diabétiques !

Pire que tout, associés aux préjugés très présents qu’ils concourent à alimenter, ces ouvrages peuvent promouvoir l’apparition de troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, orthorexie…) non sans graves conséquences pour la pathologie qu’ils sont censés combattre. Ces troubles sont d’ailleurs de plus en plus fréquents chez les diabétiques et à ne pas prendre à la légère.

À ce titre, le business autour de la diététique du diabétique de type 2 est très proche de celui, classique, de la minceur : à chaque année ses nouvelles modes, à chaque saison ses nouveaux experts et produits ! Qu’est-ce qui distingue le régime diabétique des autres au final ? Rien de plus que l’enrobage soi-disant médical qui lui sert de caution morale. Les régimes grand-public sont déjà des non-sens sur le papier (et cela est prouvé scientifiquement), ils le sont encore plus pour des malades parfois bien vulnérables. Il convient de le répéter une nouvelle fois : le diabétique, qui plus est de type 2, à moins d’être en surpoids et de le nécessiter pour des raisons de santé spécifiques, n’est pas au régime ! Il doit simplement manger équilibré, comme devrait le faire tout le monde. Changer ses habitudes alimentaires n’a rien à voir avec un régime : c’est adapter son mode de vie et cela n’est pas l’affaire de quelques semaines.

CETTE MALADIE M’APPARTIENT

Éditeurs, libraires, l’heure est venu de prendre vos responsabilités et en ce sens les malades comptent sur vous : en publiant des livres de régime spécifiquement destinés aux diabétiques, en vendant des méthodes « antidiabète » soi-disant révolutionnaires et en les mettant en avant sur vos comptoirs sans penser à mal, vous encouragez l’idée reçue d’un diabète facilement curable. Ce faisant, vous laissez croire au plus grand nombre que le diabétique (qu’il soit de type 1 ou de type 2) est responsable de son état et que son sort lui appartient. Cette idée qui paraît triviale sur le papier ne correspond tellement en rien à la réalité ni aux combats que doivent mener les diabétiques au quotidien !

Si activités physiques et alimentation équilibrée sont effectivement les deux nerfs de la guerre dans le traitement du diabète de type 2 (et par extension du diabète de type 1), le malade doit avant tout être correctement accompagné avec bienveillance et pertinence. Cela demande du temps, temps qui n’est pas celui inadapté et dangereux d’un soi-disant régime miracle antidiabète de trois semaines.

Vous ne pouvez pas être des experts en diabétologie (et personne ne vous le demande !), mais vous avez le pouvoir de changer l’image que l’on a de la maladie et d’aider ceux qui en souffrent.

Après c’est certain que proposer un livre qui aurait pour titre « Comment j’essaye de contrôler tous les jours mon diabète de type 2 en mangeant équilibré et en faisant du sport régulièrement comme devrait le faire l’ensemble de la population » c’est moins vendeur que « Ma méthode sensationnelle pour guérir le diabète en trois semaines ». Mais maintenant que vous savez, vous n’avez plus vraiment d’excuse…

En tant que malade en tout cas, je compte sur vous.